mardi 27 octobre 2009

Les terrasses de café

Les terrasses des bistrots sont à Paris au soleil ce que les cils sont à une femme, un élément de charme imperceptible mais dont l'absence est immédiatement ressentie douloureusement. Nombreux sont encore ceux qui ont connu un Paris chaud et ensoleillé sans terrasses de café. Tristesse et désespoir, c'était en juin 40.

Une terrasse même inoccupée, c'est déjà un signe, un appel. Deux guéridons, trois chaises, c'est le signe que le café est ouvert. Dans la culture parisienne, la terrasse remonterait au 18ème siècle, avec un âge d'or sur les grands boulevards au siècle suivant.

Ces dernières années ont vu un renouveau de la terrasse avec les terrasses bâchées ou fermées et chauffées par des réchauds. Pour les bistrots et cafés, un établissement avec terrasse peut doubler le chiffre d'affaires.

Une terrasse de café est une occupation du domaine public. A Paris, cela implique une double demande d'autorisation. Cette autorisation est d'abord à demander à la Préfecture de police pour questions de sécurité. Si c'est non, pas la peine d'aller plus loin.

C'est la première déconvenue pour le bistrot qui n'est pas bien informé. En cas de changement de propriétaire, le droit de terrasse tombe d'office. Une nouvelle autorisation doit être demandée. Le vendeur qui vend son bistrot sur un volume de recettes ne va pas forcément l'informer de cet aspect des choses …

Sans opposition de la Préfecture, les services de la Ville de Paris s'emparent du dossier.

Car c'est la commune qui accorde un droit de terrasse ou d'étalage sur la voie publique. La réglementation est très précise. Elle est fonction de la largeur du trottoir, il convient de laisser un minimum de 1,60 m mais l'équipe de Bertrand Delanoë exige désormais 1,80 m de passage au piéton.

Pour contourner la demande d'une nouvelle autorisation, il suffit de garder le nom, ainsi le bistrot conserve son droit de terrasse. Dans les cessions de fonds de commerce, les bistrotiers ne se privent pas de ce stratagème. On cède les parts d’une société mais pas le nom, le commerçant conserve ainsi le droit de terrasse. En revanche, s’il y a une cession de parts avec changement de nom, la nouvelle entreprise doit alors faire une nouvelle demande d’autorisation. Etonnez-vous après que les bistrots ne changent pas de noms durant des années...et que Paris sera toujours Paris !

article pris sur : http://www.paris-bistro.com/business/comptoir/terrasse.html