Je n’y suis pas favorable, pour trois raisons. Tout d’abord, la loi telle qu’elle était avant la réforme n’était pas liberticide. Nous avions déjà 5 dimanches d’ouverture autorisés aux périodes commercialement les plus intéressantes. Et il existait déjà dans Paris sept zones touristique dans lesquelles les commerces avaient la possibilité d’ouvrir le dimanche et de déroger à la règle du repos dominical des salariés.
Ensuite, il me parait indispensable de laisser une place pour le temps social. L’économique n’est pas tout dans la vie ! Le dimanche, on se réunit en famille, en association, dans des clubs sportifs ou de loisirs,….
Le repos dominical permet de rythmer la vie sociale.
Enfin, je ne suis pas persuadé que la libéralisation du travail dominical sera créateur de richesse , car les actes d’achat vont simplement se déplacer d’un jour de la semaine vers le dimanche ; d’autant que depuis la mise en œuvre des 35 heures, les consommateurs ont des JRTT (Jours de Réduction du Temps de Travail), qu’ils utilisent souvent dans la semaine pour faire leurs achats.
J’ajoute que pour les commerçants indépendants, l’extension de l’ouverture dominicale posera des problèmes d’organisation. Jusqu’à présent, ils pouvaient ouvrir quand ils voulaient. Ils vont subir une pression telle qu’ils seront parfois incités à se rendre disponibles sans répit 7 jours sur 7. »
Patrick MOLHO (arts de la table), président de l’association des commerçants et entreprises de la rue de Rennes et de ses abords – ACERA (6e) et président du C.A.C.P